11.12.2007

Ma voisine hurleuse

Hier soir ça a recommencé. A partir de 22h30 ma voisine du dessus se met à hurler. Elle est anglaise, elle vit avec un Français. Ils ont l'air plutôt jeunes, moins de 30 ans.

e9d89183a9e48b19a1c19fc5c1fbe165.pngJe ne sais pas à quoi attribuer ces hurlements et ça commence à me perturber. Dans les toilettes, il y a une petite grille d'évacuation par laquelle on entend vaguement ce qu'il se passe chez eux. Il y a 4 jours j'ai passé 1h assise sur la cuvette fermée à tendre l'oreille, telle une espionne dans mes 2 mètres carré. Les cris ont duré, entrecoupés de conversations animées, de pas précipités comme s'ils se couraient après. Et puis j'ai entendu des sanglots. Elle pleurait. Pendant 20 minutes puis plus rien.

Hier soir, rebelote, des cris pendant un quart d'heure vers 23h. Est ce que ce sont leurs jeux amoureux? Elle ce qu'il la bat? Je vous avoue que je n'en peux plus. Hier j'ai failli enfiler mon jean et monter sonner chez eux. Si j'étais tombée sur lui, je lui aurais demandé directement "Excusez moi mais vous battez votre femme?" juste pour voir sa réaction.

Un été, en vacances dans un club, la chambre d'hôtel en face de la nôtre était occupée par un couple avec un bébé et le sale type tapait sur sa femme qui hurlait aussi fort que son gosse. Moi face à ça je ne peux pas rester indifférente. Je me suis levée, j'ai tapé à leur porte et je suis tombée face à cet homme. Sans me démonter je lui ai dit: "Monsieur, je veux voir votre femme. Je sais que vous la battez et si vous n'arrêtez pas j'appelle la police." Elle est apparue, m'a dit que ça allait. Moi je lui ai dit qu'elle pouvait se réfugier dans notre chambre avec son bébé si elle voulait. Elle a refusé avec un sourire gêné. Tout n'est pas si simple. Quand nous sommes partis j'ai prié pour qu'elle s'en sorte un jour.

J'ai déjà été tapée par un de mes ex un jour. Une gifle. J'ai eu une réaction extrêmement violente et je dois dire que de ma vie je n'ai jamais ressenti une telle haine pour quelqu'un. Faut pas me chercher. Je me suis levée d'un bond en hurlant et, portée par une bouffée d'adrénaline, je lui ai retourné une baffe monumentale a laquelle il n'a pas osé répondre. J'ai su ce jour là que je ne serai jamais une femme battue. Je préfère me battre et répondre aux coups quitte à avoir mal.

Pour ma voisine je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas si je ne vais pas tomber en plein jeu sexuel, hum.... A partir du moment où j'entends des cris je crois qu'il est légitime d'intervenir.

C'est décidé, si ça recommence ce soir ou demain, je monte ! Je vous tiens au courant.

 

15.11.2007

Ville ou Campagne ? Co2 ou bougnasse ?

Je suis née en pleine banlieue chic de l'Ouest parisien. A l'époque ça n'était pas encore la banlieue chic de Paris. Mes parents n'avaient pas beaucoup de moyens. Mon père à 25 ans sortait d'un divorce dans lequel il avait claqué son héritage - 1 million de francs de 1968 .... - pour une poule de luxe qui avait pour seul mérite d'avoir les jambes de Rita. 20c30ca80cb1c8c4e71d26fdba63477a.jpg

Il s'est barré avec sa guitare en lui laissant la vaisselle 18è de ma grand mère russe et il a rencontré ma mère, qui était une femme sûrement moins interessée et plus tendre. Tout fauchés qu'ils étaient ils ont loué un tout petit appartement dans Boulogne, ils faisaient l'amour tout le temps et je suis arrivée dans leur 30 m2.

J'ai eu une existence citadine jusqu'à mes 10 ans avec des copains intelligents et ouverts avec qui je faisais les 400 coups. Et puis mon père a trouvé une île déserte, un terrain en friche loin de Paris où ils ont fait bâtir une maison. Il y a 25 ans. Le coin était encore désert. J'ai dû changer d'école, me trouver des amies parmi des gens que je trouvais renfrognés, frustes et repliés sur leur petite vie de campagnards. Je ne m'y retrouvais pas. J'avais une amie ou deux, pas plus. Nous faisions partie de la minorité des intellos, ceux qui s'interessaient aux cours et qui avaient un peu de respect pour le travail des professeurs. Je n'aimais pas salir mes chaussures à courir dans les bois.

Aujourd'hui, l'île déserte, le coin paumé est devenu un paradis. Au milieu de la forêt, on entend le chant des oiseaux, il y a de vrais écureuils rouquins dans les arbres, ça sent bon l'automne en automne et on fait du feu dans les cheminées l'hiver. Ma chambre a un grand velux et je me couche le soir en regardant la nuit étoilée et le bruit de l'eau de la rivière qui coule tout près. Un bonheur pour les paysagistes. Un coin où les riches aiment installer leur résidence secondaire.

Aujourd'hui j'aime salir mes chaussures dans les bois. J'apprécie les balades et les footings en forêt. Mon appartement en ville est un cocon trop chauffé que j'ai parfois du mal à quitter car l'agressivité des gens dehors m'affole. J'aimerais cffce43d0b4f1b94bf5ed1f741e45600.jpgretourner habiter la bas, avant que mon petit garçon ne prenne goût au Co2 et au bitume. J'ai envie d'un potager. Cultiver mes fruits et mes légumes. Chez mes parents je m'occupais déjà un peu de ça. La rhubarbe, les salades, les pieds de tomates, les poires, les prunes, etc .... et toutes les compotes et les préparations qu'on faisait dans de grandes marmites qui embaumaient la maison. Ma mère passait de la cire sur le carrelage en tommettes, le feu crépitait dans la cheminée, le tableau était parfait. Les urbains dans la famille nous appelaient Les Ingals (de la petite maison dans la prairie) Pour moi, les noms de Pasteur, Opéra, Sèvres Babylone n'ont eu longtemps aucune signification. Maintenant si. Ca veut dire Pierre Hermé, Opéra et Galeries, Bon Marché. Est ce que je pourrais revenir en arrière? Lacher mes habitudes de bourgeoise citadine dans cet air vicié et redevenir une fille simple, avec des occupations saines .....  Ce serait comme une cure de desintox.

09.11.2007

Je suis une névrosée part 2

Vous savez ce que le psy me demande juste après avoir écouté le récit de mon rêve :

-"Votre père est il bipolaire?" En gros, mon père est il maniaco dépressif ? Pour avoir connu la maniaco depression de près, je dirais qu'il n'en a pas les symptômes psychiatriques mais qu'il a sûrement des tendances bipolaires oui.

J'ai passé une grande partie de mon enfance dans la terreur de ses sautes d'humeur. Sans aucune raison à nos yeux, il passait d'un calme apparent à une terrible colère. Comme dans mon rêve c'était une vraie tempête. Tout ce qu'il fallait faire dans ces cas là c'était se planquer dans notre chambre jusqu'à ce que ça passe. Je n'ai jamais été battue Dieu merci. Et encore .... je crois que si ma mère se s'était pas interposée, j'aurais pris quelques gifles dans ma plus tendre enfance. Alors que j'avais peut être seulement 7 ans. Je crois que j'ai vécu dans un stress permanent pendant longtemps. Comme l'a expliqué le psy, le toit de ma chambre arraché par la tempête symbolise la protection mentale dont j'ai manqué et l'insécurité permanente dans laquelle je me trouvais.

Aujourd'hui encore quand je vais rendre visite à mes parents, j'ai une vague appréhension. A présent je sais pourquoi. Je ne sais pas quelle va être l'humeur du jour et ça me fout l'angoisse.  

J'ai un fils de 2 ans. L'autre jour je me suis énervée contre lui et je l'ai envoyé dans sa chambre pour marquer le coup. Suite à ça j'ai eu une boule au ventre toute la soirée et j'ai fait ce rêve la nuit d'après. J'ai peur de reproduire ce que j'ai subi. Je voudrais être respectée en tant que mère, dans mon autorité, mais je ne veux pas que mon fils vive dans la crainte de sa mère. La peur et le respect sont deux choses bien différentes. On ne respecte pas forcément les gens dont on a peur. Si seulement mon père avait pu comprendre ça .....

 

 

08.11.2007

Je suis une névrosée part 1

Toutes les nuits je rêve. Je le sais, confusément lorsque je me réveille, que mon esprit a encore vagabondé. Mais il est très rare que je me rappelle clairement de tout. Souvent des bribes me reviennent pendant que je bois ma tasse de thé. Puis en 10 secondes tout disparaît de ma mémoire.
Il y a deux nuits de cela j'ai fait un rêve et tout m'est revenu précisément pour une fois. J'ai tout noté sur une feuille de papier :  "Je suis chez mes parents. Dans leur maison à la campagne, avec une rivière qui coule en contrebas. Tout à coup une violente tempête se lève. Je regarde par la fenêtre et j'aperçois quelques personnes qui ont l'air malade, certaines sont dans des fauteuils roulants, d'autres sont intubés sur des brancards, aidés par des infirmiers... Ils se retrouvent tous soudain sous les flots de la rivière qui déborde et qui inonde tout le jardin en bas de la maison. Ils ont de l'eau jusqu'au cou. Et je regarde ça impuissante en me disant que je ne peux rien faire pour eux. 
Puis le vent redouble de force, la tempête s'intensifie et emporte une partie du toît, celle qui recouvre ma chambre de petite fille.
Un énorme oiseau, un genre de gros pelican noir, vient s'écraser contre la vitre juste devant moi, et retombe lourdement au sol. Je regarde à nouveau au dehors et tout s'est apaisé, la tempête est terminée. Bizarrement, le jardin est plus beau qu'avant, même paradisiaque, comme si la tempête avait tout lavé et nettoyé."
J'ai appelé une radio que j'écoute parfois "Ici et Maintenant". Ils partagent les ondes avec Radio Neo sur 95.2. Les mercredis à 23h il y a un psy bluffant qui interprète les rêves. Hier soir je l'ai appelé et je suis passée sur les ondes pour qu'il interprète mon rêve. Je livre le résultat demain.